Le sac était prêt depuis vendredi soir, posé dans le couloir à côté des chaussures, et il n’a pas bougé de là pendant tout le week-end.
Le groupe avait prévu la boucle habituelle samedi matin, celle qu’on fait presque chaque mois, mais en rentrant du dernier service de nuit vendredi j’ai regardé mes avant-bras et j’ai su que ça n’allait pas être possible. Les manches courtes étaient hors de question, et avec la chaleur annoncée je ne pouvais pas non plus garder un coupe-vent toute la journée sans que ça gratte encore plus.
J’ai envoyé un message dans le groupe, un truc du genre “je passe cette fois, fatigue qui s’accumule”, ce qui n’est pas complètement faux, 3 nuits enchaînées cette semaine n’aidaient pas, mais c’était pas la vraie raison et je le sais très bien.
Une copine du groupe a juste répondu “ok repose toi bien”, et voilà, personne n’a posé plus de questions. Ça m’a soulagée sur le moment, et en même temps ça m’a un peu énervée aprés coup, cette facilité avec laquelle un mensonge passe sans accroc.
Le reste du week-end je l’ai passé à tourner un peu en rond à la maison, le sac toujours là dans le couloir, et dimanche soir je l’ai rangé dans le placard sans l’avoir ouvert une seule fois.
C’est pas tant la rando qui me manque, c’est plutôt l’idée que je commence déjà à construire mes excuses autour de ça… et ça, ça me pèse plus que prévu.
